RDC - Goma: Un préavis signifié à Joseph Kabila à l’occasion d’une marche populaire pacifique !

Un appel a été lancé par la coalition des forces politiques pour l’alternance en RDC demandant à la population de Goma d’effectuer une marche pacifique dite de préavis, visant à interpeller le Président Joseph Kabila sur son second et dernier mandat à la tête de l’État, lequel doit intervenir d’ici le 19 /12/2016. Et en réaction, une grande partie de la population a répondue favorablement.

Tout d’abord, ce sont les boutiques et marchés qui ont été fermés, ce qui a provoqué un faible mouvement de circulation, avant que d’autres secteurs d’activités soient affectés. C’est ainsi qu’un faible engouement a été observé au sein de la quasi-totalité d’activités habituelles.

Vers 10heures, une foule rassemblée autour des leaders de forces de l’alternance a assiégé le rond point dit signers, avant de débuter une marche en destination du bureau de la CENI, où était prévues des actions de remise des urnes à la CENI et une simulation de vote qui symboliseraient, selon les leaders de l’opposition, un rappel à la CENI de réaliser ses activités dans le délai prévu, notamment celles de convocation de l’électorat et de l’organisation des elections.

Pourtant bien annoncée, la manifestation n’a pas abouti aux actions finales telles que prévues et annoncées à la presse, étant donné les barrières infranchissables qui ont été érigées par une forte cohorte de la police qui a empêché les manifestants à accéder dans les enceintes du bureau de la CENI considérées par ces manifestants comme point de chute.

Angoissés par ce fait, quelques esprits surchauffés parmi les manifestants qui ont exprimé leur intention de pénétrer de force ce lieu, ont été calmés par le commandant de la place qui a subitement expliqué que l’endroit choisi comme point de chute était inviolable.

Signalons que quelques actions ont été menées à environs 10 mètres de la destination prévue, d’où les calicots avec des messages clairs ont été brandis, des slogans et chansons traduisant des convictions politiques et sociales ont été scandés et chantées. Tels que Kabila doit partir, l’alternance s’impose, des tueries on en a assez et autres…

Rappelons que cette manifestation a été organisée alors qu’une franche de l’opposition participe au dialogue politique avec le pouvoir en place, en vue, dit-elle, de la recherche d’un compromis politique pour la poursuite du processus électoral qui doit se matérialiser par l’élaboration d’un calendrier électoral consensuel.

Une autre partie de l’opposition qui a organisé cette manifestation estime, quant à elle, que la constitution est en voie d’être violée par le pouvoir en place au détriment de l’alternance politique, de la culture démocratique et de l’intérêt de la population en général.

Légalement, la constitution de la RDC prévoit que les élections doivent être organisées au plus tard le 19 Décembre 2016, alors que la convocation de l’électorat devrait intervenir trois mois avant. C’est dans ce contexte d’incertitude liée au respect de la constitution que la dite marche a été organisé.

Ce qui est vrai, le destin d’un peuple ne peut être hypothéqué pour des intérêts individuels, juste un moment d’observation et la réalité à affronter va se profiler en face…

 

Un atelier pour renforcer les capacités des partenaires impliqués dans la lutte contre les formes modernes !

L’ atelier de réflexion, d’échange et d’information a eu lieu du 08 au 09 aout 2016 à Walikale.

Organisé à l’intention des officiers et inspecteurs de police judiciaire, autorités politico-administratives et acteurs de la société civile du territoire de WALIKALE (Walikale centre, Mubi, Njingale et Bisie), celui-ci a eu comme objectif global de renforcer leurs connaissances, attitudes et pratiques sur la procédure pénale préliminaire en matière de poursuite de présumés auteurs des infractions des formes modernes d’esclavage.

Notons qu’au cours de cette activité la matière apprise a porté sur les connaissances ci-après :

  • Les notions fondamentales sur les formes modernes d’esclavage
  • Les textes juridiques nationaux et internationaux interdisant l’esclavage ;
  • La procédure pénale préliminaire;
  • L’analyse juridique des infractions relatives aux formes modernes d’esclavage

Le CREDDHO se réjouit de constater qu’à l’issu de cette activité, 10 OPJ et IPJ, 2 autorités politico administratives, 2 acteurs de la société civile et 2 membres de comités locaux de lutte contre les formes modernes de Mubi et Njingala, ont vu leurs capacités renforcées sur les matières susmentionnées. Ces acteurs ont développés des plans d’engagements individuels de lutte contre l’esclavage, à travers lesquels ils se sont engagés, selon les compétences de chacun d’entre eux, à :

  • Sensibiliser la communauté de Walikale centre sur les différentes formes modernes d’esclavage,
  • Rechercher les auteurs des infractions relatives aux formes modernes et les transférer au chef de parquet de walikale ;
  • Mener les enquêter sur la prostitution forcée à Walikale centre,
  • Faire la restitution de l’atelier auprès des policiers qui n’ont pas participés,

Signalons qu’une documentation appropriée a été remise aux participants et ces derniers ont promis d’en faire usage en faveur de la lutte contre les formes modernes d’esclavage.

Pour un petit rappel, le CREDDHO maintient une collaboration étroite avec les OPJ et IPJ, autorités politico administratives, acteurs de la société civile et membres de comités locaux que le CREDDHO accompagne dans lutte contre les formes modernes, en organisanten faveur d’eux des séances d’information, formation et de sensibilisation.

Étant donné la problématique liée à la mutation des agents étatiques qui fait que ceux qui étaient déjà formés soient remplacés par d’autres qui n’ont pas assimilé ces types de formation, le CREDDHO s’attèle à assurer une continuité de renfoncement de capacités des nouvelles équipes. Cette stratégie lui permet de maintenir le même élan de connaissance dans les différentes catégories de ces partenaires locaux.

Ainsi dit, l’atelier qui vient de se dérouler est une suite d’une série de formations qui ont été organisée par le CREDDHO au cours des années 2014 et 2015 à MASISI Centre, LUBERO centre et en ville de BENI.

Aujourd’hui à cause des différentes formations assurées par le CREDDHO, les formes modernes d’esclavage qui étaient jadis pratiquées à toute impunité (à cause de leur ignorance par les personnes qui étaient censées dénoncer ou poursuivre leurs auteurs), sont désormais connues les communautés. Les acteurs judiciaires y portent une attention particulière, certaines victimes y résistent et certains auteurs s’en préservent.

Lire un cas typique ici

Des nouvelles tueries à Beni : le CREDDHO les juge d’intolérables !

Des sources officielles ont communiqué, depuis 12 heures de ce dimanche 14 aout 2016, un bilan provisoire faisant état de 36 personnes ligotés et tués à Beni, dont 22 hommes et 14 femmes, alors que d’autres sources signalent qu’il y aurait des nouveaux cas en cours de repérage qui pourraient basculer le compteur vers une soixante-dizaine de morts.

Le Gouverneur de Province du Nord Kivu qui a présenté ce bilan officiel au niveau Provincial a, en réaction, adressé un message de condoléances à la population, en complément aux trois journées symboliques de deuil qui ont été décrétées par le Gouvernement National par le biais de son porte parole.

Le CREDDHO se réjouit plus au moins de ces faits et gestes posés par le Gouvernement, qui relèvent d’une formalité sociale ordinaire, contrairement aux cas antérieurs où le CREDDHO constatait un silence coriace de la part des autorités, surtout national, lors de pareils événements.

 

Cependant, au regard des contacts de proximité avec les gémissements des familles meurtries, le CREDDHO se trouve être à son point de satiété vis-à-vis de toute autre explication qui pourrait lui être fournie dans le sens de justifier l’impuissance manifestée sur terrain par notre armée, vue qu’aucune plainte ne semble jusque là exprimée par les responsables militaires commis aux opérations.

Le CREDDHO soulève le fait que les propos événementiels poussés par le Gouverneur, insinuant que les assaillants voudraient saboter les efforts de paix entrepris par le Gouvernement depuis deux ans, sont plus légers pour justifier les gigantesques pertes subies étant donné que l’armée a entre autres pour rôle inédit d’empêcher que les efforts de l’État soient sabotés.

Nous croyons que deux ans ne sont pas insuffisants pour qu’une armée républicaine, appuyée par l’une de plus grande mission des Nations Unies au monde, puisse identifier la tactique d’une milice et en mettre fin.

Nous soulignons le fait que pour protéger les populations civiles et leurs biens et assoir l’autorité de l’État, une armée républicaine ne peut des excuses à présenter.

Par ailleurs, le CREDDHO rappelle la nécessité pour notre gouvernement de la RDC à mener des actions anticipatives et préventives dans le cadre de la recherche de solutions aux problèmes sécuritaires au Nord Kivu.

Le Gouvernement Congolais doit tout simplement comprendre que jusque là les actions militaires menées ne sont pas à la hauteur des attentes de la population congolaise et Nord Kivutienne en particulier.

Ceci étant, le CREDDHO réfère les décideurs politiques à la lettre du 12/08/2016 adressée au Premier Ministre par les organisations de la société Civile du Nord Kivu, thématique Justice et Droits Humains, laquelle contient une analyse des causes et propose des recommandations pouvant inspirer les gouvernants et les aider à endiguer la crise au Nord Kivu avec des répercussions positives sur la situation socio-sécuritaire sur le reste du pays.

Dans l’entre temps, le CREDDHO s'associe aux actions décrétées par la Coordination Provinciale de la Société civile du Nord Kivu, notamment la journée ville morte de ce Jeudi 18 Aout 2016 et invite les autres forces de la Societé Civile à s'y joindre.

Le CREDDHO espère que chacune des autorités ne manquera pas, à ce qui le concerne, de tout mettre en œuvre pour faire siennes les recommandations reprises dans la dite lettre.

 

Le CREDDHO, 15 Aout 2016

 

Télécharger ici la lettre adressée au Premier Ministre

Voir aussi le Communiqué de Presse de la Société Civile du Nord Kivu

Nord Kivu : La Lettre remise au Premier Ministre par les ONG de la Société Civile lui réclame une dose du patriotisme et une volonté politique !

Le CREDDHO se félicite du travail abattu par les organisations de la Société Civile de la Thématique Justice et Droits Humains du Nord Kivu. Ces organisations ont longuement réfléchi sur la question sécuritaire avant de decider de produite une lettre ouverte de plaidoyer adressée au Premier Ministre, avec une copie spéciale au Président de la République. Cette lettre vient d’être remise à son destinataire, à mains propre ce 17 Aout 2016.

Signalons que celle-ci a repris les différentes causes qui sont à la base de la persistance de l’insécurité au Nord Kivu et a insisté sur la mauvaise gouvernance sécuritaire qui s’illustre notamment par : 1°) le retardement de l’opération d’identification et enregistrement des militaires 2°) la politisation de l’action militaire, l’intégration déstructurée (informelle) des armées issus des anciens groupes rebelles au sein de l’armée régulière, et le déploiement desarmonieux des militaires FARDC sur les zones opérationnelles. 3°) la mauvaise gestion de la question des militaires démobilisés, 4°) la gratification des éléments issus des groupes à travers les accords politiques. 5°) La mauvaise gestion de la question des FDLR.

D’autres causes ci-après ont été évoquées et expliquées :

  • L’échec de la restauration de l’autorité de l’État ;
  • Les ambitions de conservation irrégulière du Pouvoir ;
  • L’impunité des auteurs des crimes graves commis en RDC ;
  • Exploitation illicite des ressources naturelles du pays ;
  • Manque d’une politique d’encadrement de la Jeunesse ;
  • La persistance de camps des déplacés internes.

Quelques recommandations ont été formulées pour que la question sécuritaire soit définitivement réglée au Nord Kivu, partant des causes ci-haut énumérées.

En fin, il a été demandé au Premier Ministre de faire preuve d’un esprit patriotique et d’une volonté politique pour venir au secours de la population du Nord Kivu qui a longtemps soufferts. 

Vous pouvez télécharger la lettre ici et comprendre son contenu : http://www.creddho-rdc.org/index.php/en/presse-publications/presse-et-publications

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