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Des nouvelles tueries à Beni : le CREDDHO les juge d’intolérables !

Des sources officielles ont communiqué, depuis 12 heures de ce dimanche 14 aout 2016, un bilan provisoire faisant état de 36 personnes ligotés et tués à Beni, dont 22 hommes et 14 femmes, alors que d’autres sources signalent qu’il y aurait des nouveaux cas en cours de repérage qui pourraient basculer le compteur vers une soixante-dizaine de morts.

Le Gouverneur de Province du Nord Kivu qui a présenté ce bilan officiel au niveau Provincial a, en réaction, adressé un message de condoléances à la population, en complément aux trois journées symboliques de deuil qui ont été décrétées par le Gouvernement National par le biais de son porte parole.

Le CREDDHO se réjouit plus au moins de ces faits et gestes posés par le Gouvernement, qui relèvent d’une formalité sociale ordinaire, contrairement aux cas antérieurs où le CREDDHO constatait un silence coriace de la part des autorités, surtout national, lors de pareils événements.

 

Cependant, au regard des contacts de proximité avec les gémissements des familles meurtries, le CREDDHO se trouve être à son point de satiété vis-à-vis de toute autre explication qui pourrait lui être fournie dans le sens de justifier l’impuissance manifestée sur terrain par notre armée, vue qu’aucune plainte ne semble jusque là exprimée par les responsables militaires commis aux opérations.

Le CREDDHO soulève le fait que les propos événementiels poussés par le Gouverneur, insinuant que les assaillants voudraient saboter les efforts de paix entrepris par le Gouvernement depuis deux ans, sont plus légers pour justifier les gigantesques pertes subies étant donné que l’armée a entre autres pour rôle inédit d’empêcher que les efforts de l’État soient sabotés.

Nous croyons que deux ans ne sont pas insuffisants pour qu’une armée républicaine, appuyée par l’une de plus grande mission des Nations Unies au monde, puisse identifier la tactique d’une milice et en mettre fin.

Nous soulignons le fait que pour protéger les populations civiles et leurs biens et assoir l’autorité de l’État, une armée républicaine ne peut des excuses à présenter.

Par ailleurs, le CREDDHO rappelle la nécessité pour notre gouvernement de la RDC à mener des actions anticipatives et préventives dans le cadre de la recherche de solutions aux problèmes sécuritaires au Nord Kivu.

Le Gouvernement Congolais doit tout simplement comprendre que jusque là les actions militaires menées ne sont pas à la hauteur des attentes de la population congolaise et Nord Kivutienne en particulier.

Ceci étant, le CREDDHO réfère les décideurs politiques à la lettre du 12/08/2016 adressée au Premier Ministre par les organisations de la société Civile du Nord Kivu, thématique Justice et Droits Humains, laquelle contient une analyse des causes et propose des recommandations pouvant inspirer les gouvernants et les aider à endiguer la crise au Nord Kivu avec des répercussions positives sur la situation socio-sécuritaire sur le reste du pays.

Dans l’entre temps, le CREDDHO s'associe aux actions décrétées par la Coordination Provinciale de la Société civile du Nord Kivu, notamment la journée ville morte de ce Jeudi 18 Aout 2016 et invite les autres forces de la Societé Civile à s'y joindre.

Le CREDDHO espère que chacune des autorités ne manquera pas, à ce qui le concerne, de tout mettre en œuvre pour faire siennes les recommandations reprises dans la dite lettre.

 

Le CREDDHO, 15 Aout 2016

 

Télécharger ici la lettre adressée au Premier Ministre

Voir aussi le Communiqué de Presse de la Société Civile du Nord Kivu

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