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RDC-GOMA : Incarcérée saine, une victime quitte la prison Munzenze avec une plaie aigue et plaide pour l’humanisation de la prison !

Après avoir passé injustement 41 jours de détention à la prison centrale de Goma, à Munzenze, l’arrivé des agents du CREDDHO a été pour Monsieur KAMBALE un ouf de soulagement.

Cette victime dont le prénom et le post nom sont tus pour des raisons de convenance, vient de recouvrer sa liberté grâce au plaidoyer mené auprès du Procureur de la République par les enquêteurs du CREDDHO qui sont passés par la prison dans le cadre de leurs activités de routine.

Ce qui inquiète plus d’uns pour ce cas, ce sont les conditions dans lesquelles l’infortuné a été incarcéré. Une procédure émaillée de plusieurs irrégularités depuis l’instruction du dossier jusqu’à son transfèrement  à la prison. Celle-ci a été arrêtée pour la cause d’une autre personne majeure de son état pour le motif qu’il aurait proposé à son ancien patron un travailleur qui aurait voulu l’escroquer.

Arrêtée, puis détenu 6 jours durant, dans un des cachots de Goma et pendant 3 jours au parquet de Goma, cette personne n’a pas trouvé fondé le motif pour lequel elle a été arrêtée parce qu’elle n’a pas compris pourquoi le fait de chercher un travailleur à son ancien patron peut constituer une infraction.

En plus, derrière cette inquiétude il y a ce qui choque : c’est le fait que ce jeune homme qui est entré en prison en bonne santé y est sorti avec une plaie compliquée (sévère, chronique) sur sa jambe gauche qui la fait courir de risque, selon le premier constat de l’infirmier qui l’a consulté à sa sortie de prison. « Ce n’est pas digne d’une personne humaine ce qui s’est passé contre moi pendant ma détention à la prison MUNZENZE », a déclaré la victime avec un ton pitoyable quand elle voulait exprimer aux agents du CREDDHO les circonstances dans lesquelles elle a été blessée.

 En effet, celle-ci aurait été, selon ses dires, soumise à la torture et aux travaux forcés par ses collègues prisonniers qui auraient agit sur instruction du secrétaire général de la prison. C’est au moment où elle était obligée d’enfoncer ses mains dans un petit puits contenant des excréments pour le nettoyer qu’il aurait glissé dans ces matières fécales avant de heurter une pierre sur sa jambe.

Vous comprenez comment c’est dégradant et démoralisant ? Au-delà de ce travail, il existe une diversité des pratiques pour torturer les personnes détenues dans cette prison, surtout les nouveaux entrants et les personnes démunies qui n’arrivent pas à s’acquitter des frais d’amende instaurés par « la hiérarchie carcérale » . Pour moi c’est le fait que je n’ai pas trouvé cet argent qui m’a couté ces corvées, a-t-il renchéri avant de chuter en disant : « j’avoue que le CREDDHO est une organisation aux services de faibles ; n’eut été son intervention, je serai encore dans le calvaire! ».

 La victime a dénoncé plusieurs violations qui se commettent en prison sous les yeux des responsables pénitentiaux dont le CREDDHO a reconnu la plupart, pour avoir visité en maintes reprises la prison centrale de Goma. Le centre n’a cessé de dénoncer à chaque occasion la plupart de ces pratiques.

Le monnayage excessif de cellules de résidence, la surpopulation carcérale, le rançonnement des visiteurs qui veulent avoir accès aux détenus, de cas de torture (coups, injures et menaces), les corvées du genre laver le pavement où il ya des matières fécales et canaliser les excréments à la main, l’absence de services de sécurité et de surveillance des prisonniers pendant la nuit, non accès aux habits, babouches, nourritures, douches sans avoir payé une somme d’argent fixée, le monnayage exagéré de quartier au sein des prisons.

 Signalons qu’au cours du mois de juin 2017, le CREDDHO avait constaté, lors de sa visite de solidarité aux prisonniers, un nombre considérable de détenus vivant depuis plusieurs jours dans un état de malnutrition sévère parmi lesquels environ quatre vingt pourcent étaient détenus à titres préventives depuis des jours qui avaient exagérément dépassés le délai légal…

 

Tout en reconnaissant les actions menées par les différents partenaires pour l’amélioration des conditions carcérales et les efforts jusque là insatisfaisants fournis par le Gouvernement congolais, le CREDDHO ne compte pas baisser ses bras devant ces différentes violations des Droits Humains.

 

Le CREDDHO est l’une des organisations qui osent agir, malgré les limites qui peuvent exister, il tient à poursuivre avec ses activités de promotion et protection des droits humains en général et particulièrement celles ayant traits aux milieux carcéraux. Il envisage, dans la mesure du possible, rencontrer les autorités pour plaider en faveur de l’humanisation de la prison et éventuellement agir pour que cette victime lésée rentre dans ses droits.

 

 

 

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