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Quatre Activistes injustement détenus à la prison centrale de Goma

Il y a six mois, le mouvement citoyen Jicho Ya Raiya (Œil du peuple en Français) organisait une marche pacifique le 18 Février 2021 à Kirotse (territoire de Masisi) pour dénoncer la mégestion des structures sanitaires locales et appeler à la mutation des responsables sanitaires mis en cause. Lwaboshi Buhazi Claude (32 ans), Serge Mikindo Waso (32ans) et Ombeni Tulinabo Faustin (24ans) qui s’apprêtaient à prendre part à la manifestation avaient alors été arrêtés par des éléments de la police et de l’armée. Les trois activistes croupissent depuis le 27 Février 2021 à la prison centrale de Goma après un passage au cachot de la police à Kirotse le 18 Février 2021 et à la prison centrale de Masisi le 20 Février 2021. 

 

Leur dossier a certes été envoyé en fixation devant le tribunal de Paix de Goma sous RP 2210 pour une infraction infondée d’imputations dommageables mais le procès n’a jamais débuté en raison de l’état de siège qui a ordonné le transfert des compétences pénales des juridictions civiles aux juridictions militaires. Le 03 Mai 2021, les autorités provinciales du Nord Kivu ont fait ce que demandait le mouvement citoyen JICHO LA RAIYA : muté quelques responsables sanitaires de Kirotse. Les trois activistes n’ont pour autant pas été libérés jusqu’aujourd’hui.

 

Le 27 Juillet 2021 à Goma, le CREDDHO a alerté par écrit le ministre national des droits Humains sur la grave injustice que subissent les trois activistes et l’a invité à s’impliquer pour qu’ils recouvrent la liberté et que les charges retenues contre eux soient simplement abandonnées. Plus de 20 jours après, rien n’a changé : les trois activistes sont toujours en détention et leur procès n’a toujours pas débuté. Ce 18 Aout 2021, ça fait six mois que Lwaboshi Buhazi Claude, Serge Mikindo Waso et Ombeni Tulinabo Faustin croupissent en prison et qu’ils ne sont pas présentés à un tribunal pour pouvoir être entendus et jugés. 

 

Un quatrième activiste détenu à la prison centrale de Goma depuis 40 jours

 

 

Alors qu’il n’était ni invité, ni convoqué moins encore recherchée par la justice et qu’aucune plainte n’était portée à sa charge, Parfait Muhani, militant du mouvement citoyen Lutte pour le Changement (LUCHA en sigle) a été arrêté le 06 Juillet 2021 par un responsable de l’Agence Nationale de Renseignement et conduit immédiatement en détention au cachot de l’auditorat militaire de garnison de Goma puis à la prison centrale de Goma le lendemain. Ce 18 Aout 2021, passe son quarantième jour en détention sans avoir été présenté à un juge.

 

Parfait Muhani, qui n’engage pas légalement la LUCHA, est poursuivi pour imputation dommageable, outrage à la magistrature suprême et association de malfaiteurs en référence à une dénonciation publique portée par la LUCHA bien avant que le concerné n’arrive à Goma.   En effet, le 04 Juin 2021, la LUCHA avait dénoncé sur Twitter, le détournement de l’aide humanitaire des sinistrés de l’éruption du volcan Nyiragongo du 22 Mai par quelques autorités Etatiques et des responsables locaux de la Fondation Denise Nyakeru Tshisekedi, l’épouse du président de la République Démocratique du Congo. Ces dénonciations de la LUCHA avaient conduit à l’arrestation de trois personnes soupçonnées de détournement de l’aide Humanitaire. Elles avaient paradoxalement généré la colère de la Fondation Denise Nyakeru Tshisekedi, qui avait porté plainte contre des militants de la LUCHA début Juin 2021. 

 

Parfait Muhani ne peut être poursuivi, arrêté et détenu pour des faits commis par autrui. Il ne peut être individuellement tenu responsable des propos tenus par la LUCHA, qui du reste relève de la liberté pour tout citoyen de participer, seul ou en groupe, à la gouvernance de son pays. Son arrestation a été menée de manière arbitraire et contraire à la loi. Sa détention prolongée est irrégulière, injuste et illégale. Tout porte à croire que les services de l’Etat notamment la justice militaire et l’Agence Nationale de Renseignement sont utilisés pour intimider, punir et réduire au silence cet activiste ainsi que le mouvement citoyen LUCHA auquel il fait partie. 

 

Lwaboshi Buhazi Claude, Serge Mikindo Waso et Ombeni Tulinabo Faustin n’ont fait que jouir des libertés d’expression et de manifestation leur reconnues par les articles 23 et 26 de la Constitution de la République Démocratique du Congo. Parfait Muhani est en prison en raison de son appartenance à une association privée légale, ce qui va à l’encontre de la liberté d’association garantie par l’article 37 de la constitution. Les quatre activistes ne sont pas seulement détenus illégalement mais ils sont délibérément privés de la possibilité de pouvoir être entendues et jugé par un tribunal. Nous appelons à leur libération immédiate et sans condition ainsi qu’à l’abandon de toutes les charges mises à leur charge. Les autorités Congolaises doivent veiller à ce que les activistes de la société civile puissent exercer leur droit à la liberté d’expression, de manifestation et d’association sans faire l’objet d’intimidations, d’arrestations et de poursuites judiciaires fallacieuses.

 

 

 

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