Etat de siège: Les voix critiques doivent être écoutées, pas réprimées

Manifestants pacifiques de la LUCHA réunis devant l’Hotel de ville de Beni le 11 Novembre 2021 avant d’être arrêtés (Photo tiers)

Le CREDDHO est vivement préoccupé par la détention à la prison centrale de Beni depuis 1 mois de 13 membres de la LUCHA et appelle les autorités Congolaises à les libérer et à s’abstenir d’entraver l’espace civique, y compris pendant l’état de siège. 

Le Jeudi 11 Novembre 2021, 13 jeunes activistes, tous membres du mouvement citoyen Lutte pour le Changement(LUCHA)ont été arrêtés par des agents de l’ordre lorsqu’ils prenaient part à une manifestation pacifique appelant les autorités Congolaises à mettre fin à l’état de siège qui n’arrive toujours pas à ramener la paix et la sécurité. Malgré le fait que l’autorité locale avait été formellement saisi de la ténue de cette manifestation publique conformément à l’article 26 de la constitution, les 13 manifestants pacifiques ont été détenus d’abord au cachot de l’auditorat militaire de Beni puis transférés à la prison centrale de la ville. Accusés de désobéissance aux lois, les 13 activistes sont maintenus en détention sans être présentés à un juge. 

La criminalisation de l’expression pacifique exclut, sans raison valable, les civils victimes de l’insécurité du débat citoyen sur leur propre sécurité. Par ailleurs, elle porte atteinte au principe fondamental de la légalité des infractions et des peines, qui ne peut connaitre aucune dérogation en vertu des articles 61 de la constitution et 4 de l’ordonnance N°21/015 du 03 Mai 2021 portant proclamation de l’état de siège. En cette période où les massacres des civils se poursuivent en dépit de l’état de siège, écouter les voix critiques permettrait de réunir des propositions citoyennes alternatives et fédérer toutes les couches sociales autour des solutions de sécurisation mieux comprises, adaptées, acceptées et soutenues.

Tout en appelant les citoyens à participer pacifiquement au côté des autorités, aux efforts de pacification en cours au Nord Kivu et en Ituri, y compris à travers des processions citoyennes pacifiques, le CREDDHO exhorte les autorités Congolaises à veiller à ce que : 

 – Les 13 membres de la LUCHA détenus depuis le 11 Novembre 2021 à Beni soient rapidement libérés, que les charges retenues contre eux soient abandonnées et que les défenseurs des droits Humains du Nord Kivu et de l’Ituri puissent exercer leur travail sans faire l’objet d’intimidations, d’arrestations et de poursuites judiciaires fallacieuses ; 

 – Les restrictions en lien avec l’état de siège soient limitées aux seules mesures nécessaires au maintien de l’ordre, de la paix et de la sécurité. 

Fait à Goma, le 11 Décembre 2021

Le CREDDHO

 

 

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